Quand la femme a besoin d’un abri…
Certaines
femmes garderaient bien leur enfant si les conditions matérielles le leur
permettaient : à Tom Pouce, elles sont accueillies tout le temps de leur
grossesse et aidées ensuite pour repartir dans la vie avec leur enfant.
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OM POUCE. Un nom emprunté à la littérature enfantine, pour désigner cette association qui a décidé de ne pas laisser tomber les plus petits de tous, ces enfants encore dans le sein de leur mère. Ni eux, ni leur maman, bien sûr… car à quoi sert de s’élever haut et fort contre l’avortement si on n’offre pas à la femme confrontée à tous les problèmes que peut soulever une grossesse des réponses satisfaisantes ?
C’est
le pari de Tom Pouce, une association fondée en 1984 par Geneviève Poulot et le
professeur Jérôme Lejeune, qui a ouvert deux maisons destinées à recevoir des
femmes décidées à garder leur enfant, en dépit d’une situation matérielle ou
humaine difficile : l’une en Seine et Marne, l’autre dans la Sarthe.
En Seine et Marne, la maison est située dans un petit village et dotée d’un vaste jardin. De taille modeste, elle peut accueillir simultanément une dizaine de jeunes mères, que leur envoient les services sociaux du département ou le bouche à oreille. Jeunes, parfois très jeunes : la moyenne d’âge est de 15 ans. « nous avons décidé d’accueillir toutes les femmes, quels que soient leur âge, leur situation médicale, administrative, familiale », résume Marie-Noëlle Couderc, cette jeune mère de famille responsable de la maison. Un choix qui l’a conduite bien au delà de ce qu’elle imaginait au départ : aujourd’hui, non seulement Tom Pouce abrite des femmes mineures, mais aussi sans papiers, atteintes du sida, etc. toutes choses que les foyers d’hébergement de l’Assistance publique refusent dans 80% des cas…
Ce matin là, cinq d’entre elles sont réunies dans la cuisine, préparant le repas au rythme des mélodies bien typées de Radio Beur. Faire la cuisine, tenir la maison est leur principale activité, pendant ces mois où, loin de leur cadre de vie habituel, elles peuvent trouver un confort matériel et psychologique qu’elle n’ont parfois jamais connu. Une fois par mois, une sage femme vient leur faire une formation sur la grossesse et l’accouchement. Une psychologue est également à leur disposition. Sans compter Marie-Noëlle et son adjointe, qui ont toutes deux une formation d’assistante sociale. Mais au delà de l’aide technique, c’est bien le climat familial, à la fois sécurisant et stimulant, qui constitue le premier apport de Tom Pouce : « En préparant l’arrivée de l’enfant, nous sommes témoins d’une double naissance, dit Marie-Noëlle Couderc : celle de l’enfant, mais aussi celle d’une femme, parfois d’un couple, fier et prêt à assumer ses responsabilités avec confiance ». Laurence DARIO - PARIS NOTRE DAME n° 785