La Maison s’appelle Tom Pouce, du nom du minuscule héros des frères Grimm. Sa directrice, Marie Noëlle Couderc, y accueille les femmes enceintes en détresse.
Par Claire
Folscheid
Le téléphone portable de Marie-Noëlle Couderc sonne. A l’autre bout du fil, une voix frêle, un appel au secours. Enceinte de jumeaux Patricia dort depuis deux jours dans la rue. Mise à la porte par son père. Malgré le rejet, elle a décidé de refuser l’avortement. « ces femmes sont des victimes, regrette la responsable de la maison Tom Pouce d’Île de France. Elles subissent des pressions et n’osent souvent pas avouer leur grossesse, par peur du regard des autres. Parfois, l’image qu’elles ont de l’homme est dévalorisée. » Parce que ces femmes de tous âges, de toutes confessions religieuses et de toutes origines, ont décidé de garder leur enfant, Marie-Noëlle Couderc se bat pour les aider à accoucher avec décence. Pour Patricia, une solution est trouvée : ce soir elle rejoindra la maison Tom Pouce. Elle y sera à l’abri de la rue et de ses dangers : l’isolement, la dépression, la fausse couche. Elle y retrouvera une dizaine d’autres jeunes femmes enceintes, orientées par des assistantes sociales, des paroisses, des structures hospitalières, le bouche à oreille.
TOM POUCE : UNE MAISON POUR L’ENFANT
A NAITRE
« Je
les accueille comme mes propres amies. » Depuis 1987, dans le petit pavillon
de Seine et Marne, Marie-Noëlle Couderc réserve à ses « protégées » un
cocon sécurisant et familial. Chacune peut se reposer, prendre soin d’elle
sans souci matériel. « les séjours – deux mois et demi – sont volontairement
longs. La jeune femme enceinte a en effet de se préparer physiquement et psychologiquement à la
naissance. » Marie-Noëlle Couderc s’entoure de professionnels – animatrices, éducatrices
spécialisées, psychologues, conseillère en économie familiale et sociale. L’équipe
aide la jeune femme à renouer avec sa famille et à retrouver une vie décente.
UNE MERE AGIT POUR LES FUTURES MAMANS
Une grossesse rejetée dans sa famille proche. Un collègue qui
avorte faute d’hébergement. Il n’en fallait pas plus à Marie-Noëlle
Couderc, jeune diplômée assistante sociale, pour prendre le problème à bras
le corps. « il n’existait aucune structure pour accueillir en urgence
les femmes au début de leur grossesse. Tout est fait pour l’enfant
né, rien pour l’enfant à naître », s’écrie-t-elle.
Enthousiasmée par l’association « Secours aux futures mères » créée
par le Professeur Jérôme Lejeune et Geneviève Poullot,
elle participe à la fondation de la Maison, qui reçoit, grâce à sa
détermination, des subventions du département de Seine et Marne.
PARIS NOTRE DAME n°1025